Dimanche soir, une quinzaine de caravanes a investi un terrain communal de Sainte-Euphémie, dans l’Ain. L’accès était verrouillé par un bloc de béton de deux tonnes. Il a été déplacé.
Le maire, Emmanuel Geniquet, n’avait pas donné son accord. Une semaine plus tôt, le responsable du groupe avait demandé à s’installer. Refus catégorique.
Un bloc de béton de deux tonnes déplacé comme une simple barrière
Le portail ne suffisait pas. La mairie avait fait couler deux blocs de béton devant l’entrée. L’un d’eux, près de deux tonnes, a été écarté pour laisser passer les véhicules.
Ce déplacement lourd interpelle. Comment une poignée d’hommes peut-elle bouger un tel volume sans engin visible ? La scène reste floue, mais le résultat est là : les caravanes ont pris place.
Ce n’est pas une première. Au printemps, le même terrain avait accueilli un campement. Deux cadenas fermaient alors l’accès. Une clé triangle a suffi.
À l’époque, les occupants avaient réglé leur consommation d’électricité et versé une somme au CCAS. La mairie n’avait pas engagé de procédure. Cette fois, le ton a changé.
Gens du voyage et tranquillité : l’équation impossible des communes
Le maire a porté plainte. Il a saisi la gendarmerie de Trévoux et la préfecture de l’Ain. Le motif principal : le branchement sur une bouche d’incendie.
En pleine canicule, l’eau est précieuse. Les habitants sont invités à réduire leur consommation. Voir des caravanes lavées au tuyau passe mal.
« On n’a souvent pas le choix », répondent les voyageurs. Trévoux en travaux, Anse en travaux. Aucune aire disponible à proximité.
La mobilité est leur mode de vie. Encore faut-il des haltes possibles. Le bloc de béton devient le symbole d’un refus partagé par bien des maires.
| Acteur | Action | Attente |
|---|---|---|
| Maire | Plainte, courrier au préfet | Évacuation rapide du terrain |
| Gens du voyage | Déplacement du bloc, installation | Un lieu de passage acceptable |
| Préfet de l'Ain | Instruction du dossier | Décision juridique |
| Gendarmerie | Constatations, soutien au maire | Application de la loi |
Le poids des mots et des blocages
La mairie avait cru bien faire. Deux blocs, c’est dissuasif. Le déplacement de l’un d’eux a réduit cette stratégie à néant.
Les caravanes se sont rangées en ordre. Les familles ont déplié leurs auvents. Une routine s’installe, sous l’œil méfiant des riverains.
Le branchement sur une bouche d’incendie, une infraction à haut risque
Se raccorder à une bouche d’incendie n’est pas anodin. Cela relève de l’article 322-4 du code pénal. Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
En période de sécheresse, le geste inquiète. Une bouche ouverte peut priver les pompiers d’un point d’eau. Le maire l’a rappelé dans son courrier au préfet.
La réponse du préfet de l’Ain est attendue. L’évacuation forcée reste possible. Elle dépend d’une procédure juridique précise.
Les forces de l’ordre pourraient intervenir. Mais sans décision préfectorale, le campement demeure. Le maire dénonce un sentiment d’impuissance.
Une installation illégale qui interroge l’accueil des gens du voyage
Le bloc de béton n’est qu’un symptôme. Derrière, il y a la question des aires d'accueil. La loi Besson impose aux communes de plus de 5 000 habitants d’en prévoir.
Sainte-Euphémie, petite commune de l’Ain, ne rentre pas dans ce cadre. Elle n’a donc aucune obligation. Elle a choisi la manière forte.
Résultat : un déplacement lourd qui force le respect. Et une installation en toute tranquillité, du moins jusqu’à nouvel ordre.
Caravanes, campement, bloc de béton : les acteurs d’un face-à-face tendu
Chaque partie joue son rôle. Voici un aperçu des positions.
| Acteur | Action | Attente |
|---|---|---|
| Maire | Plainte, courrier au préfet | Évacuation rapide du terrain |
| Gens du voyage | Déplacement du bloc, installation | Un lieu de passage acceptable |
| Préfet de l’Ain | Instruction du dossier | Décision juridique |
| Gendarmerie | Constatations, soutien au maire | Application de la loi |
Le dialogue semble rompu. Chacun campe sur ses positions. Pendant ce temps, le village vit au rythme du campement.
L’eau, la terre et la patience : le quotidien d’un village sous tension
La bouche d’incendie est fermée depuis. Les caravanes utilisent des réserves. La cohabitation se joue à petits gestes.
Certains habitants apportent de l’eau. D’autres évitent le terrain. Les tensions ne sont pas si vives, mais l’été est long.
La tranquillité revendiquée par les voyageurs ne se décrète pas. Elle se construit. Et les municipalités manquent souvent d’outils.
Le bloc de béton de deux tonnes restera en place. Remis d’aplomb, il garde l’entrée. Mais l’histoire a montré qu’un obstacle ne suffit pas.
Une leçon de terrain pour les autres communes
D’autres maires suivent l’affaire avec attention. Les solutions passent par la concertation, pas uniquement par la force.
- Identifier des terrains adaptés avant une arrivée
- Installer des barrières modulables, pas des blocs
- Négocier une durée de séjour et une participation
- Associer les gens du voyage au règlement du site
- Saisir la préfecture en amont d’un conflit
Ces pistes évitent le face-à-face stérile. Elles ne garantissent rien, mais elles ouvrent un dialogue.
En attendant, le campement de Sainte-Euphémie demeure. Le maire espère une réponse ferme du préfet. Les caravanes, elles, ne semblent pas prêtes à plier bagage.
La mobilité des gens du voyage n’est pas une anomalie. Elle fait partie du paysage. Bloc de béton ou pas, elle trouve toujours une porte d’entrée.
Quand un bloc de béton ne suffit pas
Est-ce que la mairie peut les expulser ?
Pas sans une décision du préfet. La procédure d'évacuation forcée est encadrée juridiquement. En attendant, le campement peut rester.
Pourquoi avoir bloqué l'accès avec des blocs de béton ?
La mairie voulait empêcher toute installation, après un premier campement au printemps. Mais un bloc de deux tonnes n'a pas résisté à la détermination du groupe.
C'est quoi la loi Besson ?
Elle impose aux communes de plus de 5 000 habitants de prévoir des aires d'accueil pour les gens du voyage. Sainte-Euphémie est trop petite pour être concernée, ce qui laisse le maire sans obligation légale.
Que risque celui qui se branche sur une bouche d'incendie ?
Jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende, selon l'article 322-4 du code pénal. Cela peut aussi priver les pompiers d'un point d'eau en cas de feu.
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Rédacteur en chef des Aurores Boréales. Ancien grand reporter voyage et guide de raids arctiques, installé entre Paris et Bergen, en Norvège. Obsédé par la lumière du Nord, les hôtels d’auteur et les voyages qui prennent leur temps.