Quatre bélugas ont rejoint Chicago. Ils viennent de Marineland, le parc fermé de l’Ontario. L’opération s’inscrit dans un plan de sauvetage plus vaste. Ces cétacés nommés Caspian, Peekachu, Rain et Secord sont arrivés au Shedd Aquarium. Ils forment le deuxième groupe transféré depuis ce site des chutes du Niagara.
Le sauvetage des derniers bélugas de Marineland
Le parc Marineland a fermé ses portes au public à la fin de l’été 2024. Une trentaine de bélugas et quatre dauphins attendaient une solution. Le gouvernement provincial a approuvé un plan de transfert vers cinq parcs marins. Sans cette décision, une euthanasie massive aurait été envisagée.
Vingt cétacés sont morts sur le site depuis 2019. Les données officielles font état de dix-neuf bélugas et d’une orque. La pression des associations de protection des espèces a accéléré la prise de décision. Les animaux marins partent désormais vers des structures mieux adaptées.
Les cinq destinations retenues pour les animaux marins
- Shedd Aquarium à Chicago, refuge principal pour les groupes successifs.
- Georgia Aquarium à Atlanta, spécialisé dans les grands cétacés.
- SeaWorld San Antonio, au Texas, avec des bassins étendus.
- SeaWorld San Diego, en Californie, connu pour ses programmes de recherche.
- Oceanografic de Valence, en Espagne, seul site européen retenu.
Un transport animalier millimétré
Les cétacés ont voyagé dans des élingues sur mesure. Des conteneurs à température contrôlée ont maintenu leur environnement stable. Une équipe d’experts américains s’est rendue au Canada plusieurs mois avant le départ. Ils ont rencontré les anciens soigneurs et étudié des années de dossiers médicaux.
Charlie Jacobsma, directeur du comportement animal au Shedd Aquarium, parle d’une opération sans précédent. « Le transport animalier de cette ampleur n’a jamais été réalisé sur ces distances. » Les équipes ont répété chaque geste, de la mise en élingue à la transition vers le bassin, pour éviter tout stress inutile.
L’adaptation des bélugas dans leur nouveau refuge
Les nouveaux arrivants ont d’abord été isolés des autres baleines. Des cloisons permettaient des interactions visuelles et sonores. Les soigneurs cherchaient les meilleurs compagnons de bassin. Trois autres bélugas vivaient déjà sur place. Les signaux d’affiliation et les échanges sonores ont rapidement confirmé la compatibilité.
| Groupe d’arrivée | Noms des bélugas | Provenance |
|---|---|---|
| Premier groupe | Acadia, Lillooet, Osiris, Sierra | Marineland, Ontario |
| Deuxième groupe | Caspian, Peekachu, Rain, Secord | Marineland, Ontario |
Les bélugas sont des animaux très sociaux. Leur capacité à créer des liens détermine leur bien-être. Les soigneurs observent des signes précis : la nage détendue, les frottements contre les cloisons, la curiosité envers les visiteurs. Chaque détail compte pour mesurer leur acclimatation.
Une surveillance continue, heure par heure
La Dre Karisa Tang, vétérinaire en chef, suit chaque animal de près. « Nous surveillons leur alimentation, leurs interactions et leur humeur. » Les ecchymoses et les signes de douleur font l’objet d’une vigilance particulière. L’objectif reste une adaptation progressive et durable.
« Les bélugas ont une personnalité formidable et des visages expressifs. » La vétérinaire ne cache pas son enthousiasme. Elle décrit des animaux curieux, joueurs, parfois espiègles. Ils émettent des sons variés qui enrichissent leur communication.
À la manière d’un guide arctique, on connaît ces cétacés des mers glacées. Leur blanc immaculé évoque les icebergs du Nunavut. Les observer en train de reprendre confiance rappelle que la conservation passe par de tels sauvetages. Chaque individu compte pour une espèce entière.

Rédacteur en chef des Aurores Boréales. Ancien grand reporter voyage et guide de raids arctiques, installé entre Paris et Bergen, en Norvège. Obsédé par la lumière du Nord, les hôtels d’auteur et les voyages qui prennent leur temps.