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Exploration en Grèce : À la découverte des trésors insulaires de Céphalonie et Ithaque, joyaux paradisiaques de la Méditerranée

Exploration en Grèce : À la découverte des trésors insulaires de Céphalonie et Ithaque, joyaux paradisiaques de la Méditerranée

La mer Ionienne déploie ses eaux turquoise entre deux îles grecques trop longtemps restées dans l’ombre de leurs voisines plus célèbres. Céphalonie et Ithaque forment un duo singulier, à la fois sauvage et raffiné, où la Méditerranée dévoile ses trésors insulaires les plus préservés. Ce voyage guidé par la curiosité mène de plages de galets en villages vénitiens, de montagnes calcaires en criques secrètes.

Loin des circuits balisés, cette exploration récompense ceux qui prennent le temps. Ici, pas de resort géant ni de promenade bondée. La nature impose son rythme, et les habitants gardent un sens de l’accueil que la Grèce sait si bien cultiver. Entre deux baignades, l’histoire d’Homère affleure à chaque détour de sentier.

Céphalonie, l’île aux contrastes saisissants

La plus vaste des îles Ioniennes étonne par sa diversité. 250 kilomètres de côtes alternent falaises vertigineuses, criques abritées et longues plages de sable. L’intérieur, montagneux, se couvre de forêts de sapins noirs, une rareté sous ces latitudes. Argostóli, la capitale, offre un premier contact saisissant : construite en amphithéâtre au creux d’une baie profonde, la ville a été reconstruite après le violent séisme de 1953.

Une élégance simple se dégage de ses immeubles modernistes, parmi les plus remarquables de l’architecture grecque du XXe siècle. Le front de mer, animé dès le matin, voit les habitués se retrouver au kafenío. Le pont De Bosset, érigé en 1813 sous domination anglaise et rénové dans les années 2010, enjambe la baie dans un silence presque irréel.

Sur le quai, les tortues caouannes pointent leur nez à la surface, surtout à l’aube. Un spectacle gratuit et captivant. Avant de quitter la ville, une halte chez Sesoulas s’impose pour goûter les mandoles, des amandes enrobées de sucre et d’un extrait d’algue qui leur confère une teinte rouge inattendue. La spécialité locale vaut le détour.

Myrtos et les criques secrètes de la côte ouest

Une route escarpée, souvent en balcon à 300 mètres au-dessus des flots, mène à Myrtos. En contrebas s’étire un large ruban de galets blancs ourlé de falaises calcaires. La plage compte parmi les plus belles de Grèce, mais les courants y deviennent dangereux par temps venteux. Mieux vaut choisir son heure, ou lui préférer les criques protégées d’Emplisi et de Foki, toutes proches.

Assos, plus au nord, abrite une minuscule baie bordée de maisons aux couleurs pastel. Le village s’accroche à son isthme, entre mer et pinède. Une promenade à travers pins et lentisques mène aux ruines d’une forteresse vénitienne de la fin du XVIe siècle. Le contraste entre la rocaille sèche et le bleu profond de la mer reste gravé longtemps.

Fiskardo, à la pointe nord, concentre les plus beaux vestiges de l’architecture vénitienne de l’île. Les maisons patriciennes aux toits de tuiles ocre, ouvragées de balcons en fer forgé, bordent un port fréquenté par de luxueux voiliers. Un air de Saint-Tropez en moins ostentatoire. La taverne Tassia, ou son voisin Roula’s, sert un poulpe grillé qui attire autant les humains que les chats du quartier.

Le mont Ainos et les vignobles en terrasse

Quitter la mer, c’est découvrir une autre Céphalonie. Le mont Ainos, point culminant des îles Ioniennes avec ses 1 628 mètres, se couvre parfois de neige en hiver. La route sinueuse traverse des plateaux rocailleux et une forêt de sapins noirs, espèce endémique protégée par le parc national. Les sentiers de randonnée offrent des panoramas immenses sur Zante, Ithaque et les côtes du Péloponnèse.

En redescendant vers la vallée d’Omala, les pentes rudes laissent place à de douces collines plantées de robola, le cépage traditionnel de l’île. Surnommé le « vin de pierre », il résiste à l’aridité rocheuse du sol. La coopérative Orealios Gaea, derrière le monastère Saint-Gérasime, propose des dégustations accompagnées de fromages locaux. Une expérience gustative qui raconte le terroir mieux qu’un long discours.

Le domaine Gentilini, lui, installe sa table de dégustation dans un jardin sous les oliviers. Ses cuvées de robola et de mavrodaphne, un cépage rouge, se marient à merveille avec une vue sur les collines. Après cet hommage à Dionysos, cap sur la côte est.

La grotte de Melissani, cathédrale souterraine

Le séisme de 1953 a provoqué l’effondrement du toit de la grotte de Melissani, révélant un lac souterrain d’une clarté exceptionnelle. Ses eaux, profondes de 30 mètres par endroits, deviennent turquoise lorsque le soleil atteint son zénith. La cavité, longue de 160 mètres, se visite à bord de barques silencieuses. Une expérience presque mystique, digne des nymphes de la mythologie qui habitaient les lieux.

À quelques minutes de là, le port de Sami d’où partent les ferrys pour Ithaque assure la liaison entre les deux îles. Un aller simple coûte 3 € par personne et dure une demi-heure. Suffisant pour comprendre pourquoi Ulysse a tant tardé à retrouver son royaume.

Ithaque, le royaume d’Ulysse à taille humaine

Si le héros d’Homère a mis vingt ans à regagner son île, le voyageur moderne n’aura besoin que de trente minutes de ferry. Ithaque semble minuscule à l’ombre de sa grande voisine. Vathi, le principal port, déploie ses maisons bleu ciel autour d’une baie profonde. La statue d’Ulysse y fait face aux flots depuis 1994, rappelant aux visiteurs que chaque recoin de l’île porte une légende.

Car ici, la poésie fait son œuvre. De nombreux habitants se prénomment encore Odysseus, Télémaque ou Pénélope. Si aucune preuve archéologique irréfutable de l’existence du héros n’a émergé, qu’importe. L’imagination comble les silences, et l’accueil des Ithaciens fait le reste. L’hôtel Perantzada, une maison bleu ciel tenue par Katerina, incarne cette hospitalité chaleureuse.

Katerina partage volontiers ses bonnes adresses. La taverne Kantouni, sur le port, sert une salade grecque généreusement arrosée d’huile d’olive, accompagnée d’un pain encore chaud. Un repas simple, goûteux, que l’on savoure face aux mâts des bateaux.

Les routes en balcon et les plages désertes

Le nord d’Ithaque se découvre par des routes étroites qui surplombent la mer. À Stavros, une halte s’impose pour rejoindre la baie de Polis. Là, un petit port de pêche abrite des Grecs affairés à réparer leurs filets. Personne d’autre. La plage, déserte, invite à une baignade solitaire.

Plus à l’ouest, Exogi mérite son nom. Ce nid d’aigle, accessible par une route étroite, offre un panorama spectaculaire. Le village semble suspendu entre ciel et mer, dans un silence uniquement troublé par le vent. Retour vers la civilisation sur le port de Kióni, où tavernes et boutiques bordent l’eau. Les voiliers se disputent les anneaux d’amarrage, car les îles Ioniennes comptent parmi les eaux les plus faciles à naviguer en Grèce.

En redescendant vers Vathi, le village d’Anogí apparaît comme un joyau. C’est le plus ancien de l’île, avec son église de la Dormition-de-la-Vierge-Marie et son clocher vénitien. Plus haut, le monastère de Katharon dévoile en un tableau époustouflant la partie sud de l’île : nature sauvage, baie profonde, reliefs doux. Un point de vue qui résume à lui seul la beauté d’Ithaque.

Explorer Ithaque à pied, sur les traces d’Homère

Près de Stavros, une piste de terre mène à Pilikata, le site dit « l’école d’Homère ». Un chemin muletier bordé d’oliviers et de garrigue odorante serpente jusqu’aux ruines du palais attribué à Ulysse. Quelques murs de pierre laissent perplexe, mais la vue splendide récompense l’effort. Les archéologues datent ces vestiges de l’époque mycénienne, sans certitude absolue quant à leur identification.

La marche est la meilleure façon de saisir la dimension mythologique de l’île. Chaque virage, chaque olivier tordu, chaque échappée sur la mer semble sorti d’un vers de l’Odyssée. Les sentiers, souvent anciens chemins de contrebandiers ou de bergers, relient les villages entre eux. Une exploration guidée par la seule envie de comprendre pourquoi ce petit caillou de la Méditerranée continue de fasciner des générations entières.

Les amateurs de baignade sauvage trouveront leur bonheur aux criques de Filiatro, Sarakiniko ou encore Agios Ioannis. Des eaux limpides, peu de monde, souvent une petite chapelle blanche posée sur la roche. L’eau y est fraîche, vivifiante, exactement comme on l’imagine en Grèce.

Organiser son voyage entre Céphalonie et Ithaque

Ces deux îles se combinent facilement en une semaine. Céphalonie offre plus de diversité, Ithaque plus d’intimité. Le mieux est de loger à Argostóli pour explorer la première, puis de prendre le ferry à Sami pour rejoindre la seconde. Les liaisons sont régulières en saison, mais les horaires se raréfient hors saison. Une vérification s’impose avant de se lancer.

Itinéraire Distance Durée
Argostóli – Sami 32 km 35 min
Sami – Myrtos 28 km 40 min
Myrtos – Assos 12 km 20 min
Assos – Fiskardo 18 km 30 min
Ferry Sami – Vathi 10 km 30 min
Vathi – Kióni 14 km 25 min

La location de voiture est indispensable, surtout à Céphalonie. Comptez à partir de 34 € par jour, et réservez à l’avance en haute saison. Sur Ithaque, une voiture permet de rejoindre les criques isolées, mais un scooter suffit aux plus aguerris. Les routes sont étroites, parfois en mauvais état, et exigent une conduite attentive.

Les bonnes adresses pour goûter la vraie Grèce

  • Hôtel Aenos à Argostóli, le plus ancien de la ville. Chambre double avec petit déjeuner à partir de 104 €. Une élégance simple sur la place Vallianou.
  • Tassia à Fiskardo, pour un poulpe grillé mémorable. Plat à partir de 13 €, et des chats qui rôdent sous les tables.
  • Kantouni à Vathi, pour une salade grecque généreuse (10 €) face au port.
  • Hôtel Perantzada à Vathi, une maison bleu ciel tenue par Katerina. Chambre double dès 102 €, avec un accueil attentionné.
  • Sesoulas à Argostóli, pour les mandoles, amandes rouges à la saveur délicate.

Le voyage vers Céphalonie et Ithaque laisse une impression durable, celle d’une Grèce authentique, loin des clichés. Ces trésors insulaires n’ont pas fini d’émerveiller les voyageurs en quête de paradis méditerranéens, où la légende se mêle à la beauté brute de la nature.

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